Les solutions climatiques naturelles (SCN) offrent un moyen concret de lutter contre le changement climatique en exploitant le potentiel des écosystèmes pour stocker le carbone et éviter les émissions. Depuis l’étude fondatrice de 2017 (Griscom et al.), qui estimait un potentiel de 11,3 milliards de tonnes de CO2 équivalent par an à coût abordable, les avancées se multiplient.
Trois avancées rendent l’approche plus opérationnelle. D’abord, la science a mieux documenté les tenants et aboutissants. Les feux, sécheresses et ravageurs peuvent fragiliser les puits forestiers, tant et si bien qu’il faut intégrer le risque (diversification des actions, buffers, suivi). Ensuite, l’intégrité se clarifie : additionnalité, mesurabilité et équité deviennent des exigences, soutenues par des cadres de référence côté marchés et côté “claims”. Enfin, les technologies ont fait un bond : LiDAR spatial (GEDI) pour la structure 3D (hauteur et profil de canopée), et produits Landsat à 30 m (2000–2020) qui quantifient les changements de couvert forestier et de hauteur, de cultures, de surfaces bâties, d’eau et de neige/glace.
L’intégration de technologies géomatiques comme les SIG et la télédétection par drone ou satellite permet désormais un mapping global et local plus précis des opportunités de restauration. Les progrès incluent aussi l’usage de l’IA pour le monitoring en temps réel, facilitant la vérification des réductions d’émissions et l’adaptation aux contraintes locales comme la tenure foncière.
Par exemple, en identifiant les zones de reforestation viables sans compromettre l’agriculture, on peut séquestrer jusqu’à 299 gigatonnes de CO2 via la restauration de 15% des terres converties. Au Québec, cela s’applique aux milieux humides et forêts boréales, où les données LiDAR aident à évaluer les risques d’érosion et à planifier des interventions qui améliorent la qualité de l’eau et réduisent les inondations de 20-30%.
Pour une municipalité, un promoteur ou un gestionnaire d’actifs, le bon réflexe est simple : une analyse par SIG pour prioriser les sites (contraintes, bénéfices, risques), puis un plan MRV (mesurer-rapporter-vérifier) qui fixe la référence, les indicateurs, la fréquence de suivi et le niveau de preuve attendu.
Vous travaillez sur un projet SCN au Québec? Décrivez votre contexte (urbain, forestier, humide) et je vous propose une grille MRV réaliste.



